La résilience

Je viens de terminer l’ouvrage de Boris Cyrulnik, Parler d’amour au bord du gouffre, qui est une introduction à ce concept psychanalytique de résilience.

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Globalement ce livre m’a déçu, je l’ai trouvé bien léger, sans grand intérêt théorique. On reste sur sa faim car les concepts ne sont pas expliqué en détail, comme par exemple celui de l’attachement affectif et ses différentes modalités. De même, rien de précis sur le processus de résilience. Il y a beaucoup d’exemples, beaucoup trop tirés des témoignages des survivants de l’Holocauste et un peu moins de ceux de personnes traumatisées par une carence affective dans leurs enfance. Sans doute mes lectures philosophiques m’ont habitué a demander une conceptualisation plus approfondie des choses, mais tout de même, là, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la dent cérébrale ! Je l’ai d’ailleurs lu en une journée. C’est comme si l’auteur ne voulait pas tirer les fils jusqu’au bout. De plus, je ne suis pas spécialiste de cette branche de la psychanalyse, mais après quelques recherches sur Internet, j’ai pu constater qu’une grande partie de l’ouvrage était une compilations de recherches plus anciennes. Enfin, ces témoignages sont souvent des « happy end », ceux de personnes qui ont réussi à passer outre un trauma. Mais ce n’est pas la majorité, loin de là ! La résilience est peut-être une belle théorie, vers laquelle on peut tendre, mais combien d’entre nous vivent ou survivent tant bien que mal avec un passé lourd dont on ne peut se défaire. La pulsion de vie n’est pas toujours la plus forte !

Pourtant j’ai souligné certains passages intéressant, qui me concernaient. Par exemple cet hédonisme de notre culture qui nous pousse au plaisir immédiat et qui ne supporte par la frustration. C’est ce que je suis entrain de vivre, avec l’absence prolongée de mon mari et ma totale incompréhension du fait qu’il ne veuille pas venir là, tout de suite, maintenant ! Je me suis rendue compte, et ce livre m’a aidé à cette prise de conscience, que j’étais une vraie occidentale dans ce mode de fonctionnement, un peu capricieux. J’ai toujours obtenu ce que je voulais car j’étais seule aux commandes de mon existence : quand un désir survenait, j’ai pris l’habitude de me donner les moyens rapides de l’assouvir. Aujourd’hui je suis dépendante d’un autre, et je doit avouer que j’ai beaucoup de mal à m’y faire !

« Nous saurons jouir vite mais, en cas de malheur, nous serons privés des principaux facteurs de résilience. » p. 37

« Plus les conditions d’existence s’améliorent, moins chaque homme a besoin des autres. Au contraire, il est entravé dans sa course à l’amélioration de soi quant il s’occupe des autres, alors que, dans une société où l’on ne peut vivre seul, s’occuper des autres, c’est se protéger. » p. 38

La différence est là entre mon monde et celui d’Imran !

L’ouvrage de Cyrulnik décrit également les déchirements des personnes traumatisées dans leurs enfances, par des carences affectives ou des agressions sexuelles. Ce sujet, bien trop sensible pour moi, je l’aborderait peut-être un jour ici.

« Ce n’est pas le cas des mères qui, dans leur propre enfance, ont été victimes d’inceste. La plupart du temps, elles sont hébétées devant le bébé qu’elles viennent de mettre au monde. Elles le regardent sidérées, sans dire un mot ni faire un geste. Quand, plus tard, on parle avec elles, on apprend qu’à ce moment crucial de leur vie, une pensée presque obsessionnelle s’est imposée dans leur brume mentale : « Quelle sexualité va-t-il avoir ? » Au milieu de leur confusion une vague notion apparaît : « Pourvu qu’il ne connaisse pas une sexualité violente. » Devant le bébé qui vient de naître, il leur arrive d’avoir une idée qu’elles repoussent vite : « Pourvu que lui-même ne commette pas de sexualité violente. » Quand il s’agit d’une fille, une fulguration s’impose à la mère : « Un jour, elle sera violée », ou « Je la tuerai quand elle arrivera à l’adolescence. » p. 210

Ces quelques lignes pourraient m’apprendre quelques bribes de ma propre histoire.

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