Bouddhisme et psychanalyse… par étapes

Bouddhisme et psychanalyse ; bouddhisme et philosophie. Voilà des thèmes qui me passionnent. Françoise Bonardel s’intéresse au second, et Nina Coltart à la première. Plus que des idées ou des théories, tout ceci est pour moi mon quotidien, ma pratique de vie, ma philosophie selon la définition antique, une vision du monde couplée à une pratique, Aristote parle de théorétique.

Le bouddhisme et la psychanalyse sont tous deux des Connaissances, la connaissance de soi-même. Et pour les expérimenter tous les deux je peux dire, comme l’appelle le Bouddha lui-même, qu’ils sont très efficaces ! Cette efficacité est le cœur de ma quête, car rien ne sert de décrire le monde (philosophie contemporaine) si on ne peut pas mieux y vivre.

Bouddhisme et psychanalyse sont des moyens, des véhicules pour se connaître soi-même, pour appréhender ce que l’on appelle le « moi », mais qu’il est si difficile à cerner et à définir. L’objectif, bien senti, est de se connaître, de s’observer, de se comprendre non seulement pour aller mieux (cure psychanalytique) mais aussi pour comprendre mieux les autres, cet océan mouvant, inconnu, angoissant mais qui est notre matrice sociale. L’efficacité est époustouflante puisqu’avec la psychanalyse on est capable de ranger parfaitement son passé, de vivre en plus grande liberté avec ce soi qui pouvait être traumatisé. S’acquiert alors une maîtrise de soi, une confiance qui peut devenir très facilement un poison : se connaître c’est connaître les autres et se maîtriser soi-même, maîtriser ses émotions c’est donc maîtriser les autres. Et là, les choses changent tout d’un coup, car le bouddhisme est justement l’au-delà de ces sirènes du moi vainqueur. Que faire de sa volonté de puissance ?

Les textes bouddhistes décrivent ces moines (bikkhu) qui pratiquent des techniques de méditations particulières, appelées jhana, qui ne sont pas la méditation bouddhiste mais  une première étape, un calme mental qui peut devenir un ravissement, une joie sans conscience, la sérénité que la plupart pensent être le comble de la Libération. On acquiert, avec ces pratiques, des pouvoirs psychiques extraordinaires, qui n’ont rien à voir avec l’Eveil. On devient des dieux, des brahmas logés dans les paradis supérieurs de la cosmologie bouddhiste… mais ces dieux, ces brahmas sont dans le samsara, ils ne sont pas sortis du samsara, ils sont toujours soumis à la loi du karma. La psychanalyse fait de nous également des dieux, libres et confiants dans une société angoissée et peureuse. Quand on comprend le transfert, on comprend la puissance des relations humaines et donc les maîtriser.

Ma question du jour : bouddhisme et psychanalyse sont des voies de connaissance de soi hyper efficace… mais pour en faire quoi ? Ces outils de l’esprit largement expérimentés doivent nous servir à quoi ? A affirmer encore plus notre volonté de puissance ou au contraire à s’en détacher ? N’y aurait-il pas une chronologie de la libération qui passerait tout d’abord par un renforcement du moi, une stabilité et une guérison de l’identité malmenée par la psychanalyse, pour ensuite se tourner vers le véhicule plus spirituel destiné à se détacher de l’ego souffreteux. C’est sans doute en ignorant cela que certains de mes contemporains se fourvoient, parfois avec fracas, dans une quête de religiosité qui aboutit à une impasse névrotique.

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