Comment ne pas devenir une fille à chat – L’art d’être célibataire sans sentir la croquette de Nadia Daam

Je suis fan de l’émission 28 minutes sur Arte, présentée par Elizabeth Quinn, ses pulls pharaoniques et ses cheveux poivre et sel dont j’ai suivi, il y a deux ans déjà, la mode. C’est une émission intelligente (si, si, cela peut exister à la télévision française) avec de l’humour dedans et des gens sympathiques qui ne prennent pas le téléspectateur pour un zozo. J’aime aussi beaucoup la chroniqueuse régulière de l’émission, Nadia Daam, pour son franc-parler, ses prises de positions claires et détendues et aussi pour son humour, parfois un peu trash mais toujours juste. Aussi, quand j’ai vu ce titre d’elle sur NetGalley, je me suis dit que ce serait intéressant de voir ce que la journaliste féministe a sous la plume.
C’est surtout le sous-titre qui m’a attiré : « l’art d’être célibataire sans sentir la croquette ».
Pourtant, je ne me sens pas vraiment concernée par l’état de célibataire. Même si j’ai dépassé la quarantaine, et même si j’ai été célibataire une bonne partie de ma vie et que cela fut parfois du bonheur, parfois plus dur à vivre, je suis passée de l’autre côté de la barrière à l’orée de mes quarante ans, pile-poil pour ne pas être traitée de vieille fille à chat !

Synopsis

Célibataire exigeante et fière de l’être, Nadia Daam, 38 ans, ambitionne de révolutionner le célibat. Mais plutôt que de bazarder ses culottes trouées et ses vieux tickets de carte bleue, elle a décidé d’envoyer valser les kilos de stéréotypes pas très feng-shui systématiquement accolés aux célib’. Surtout quand ce sont des femmes, qu’elles vivent en colocation avec leur chat Pompom et leur enfant prénommé Zoé (à moins que ce soit avec leur chat Zoé et leur enfant personnel prénommé Pompom) (les gens appellent leurs gosses n’importe comment aujourd’hui), (mais c’est un autre débat). Car on peut être une mère célibataire, tutoyer la quarantaine, avoir son enfant une semaine sur deux, le vivre pas trop mal, et être à la fois capable de préparer un bol de miel pops à 7 heures du matin une semaine et de porter sa culotte sur la tête à la même heure la semaine d’après… Mais avec panache. Grâce à ce véritable guide de survie, vous saurez comment dire du mal de vos ex sans passer pour une nazi, pourquoi il vaut mieux avoir une jambe de bois qu’un utérus, une ride du lion et un enfant à demeure pour choper et comment une assiette de spaghettis sauce Bolo balls dévorée devant Netflix vaut souvent mieux qu’une date via Tinder.

Le livre se lit en quelques heures et je me suis tellement amusée à sa lecture que je n’ai pas vu le temps passer. Nadia Daam a définitivement un humour à toute épreuve, et comme beaucoup de femmes, une tendance à l’autodérision, talent suprême qui ne fait pas partie de la panoplie masculine. Elle dézingue tous les clichés de la « célibattante » qui cherche tout de même un amoureux raisonnable bien que les plans culs plus ou moins foireux soient aussi une solution pour traverser le célibat sans trop de problèmes. Elle manie l’ironie pour raconter des réalités d’une femme seule, élevant un enfant à Paris et approchant de la quarantaine. Comment, après 30 ans, on préfère passer ses soirées chez soi plutôt qu’en boîte ou chez des amis. Comment on finit toujours en fait par avoir une relation avec un homme maqué ? Comment boire et fumer sont les deux mamelles de la femme dynamique du XXIe siècle ? Comment les cheveux et les poils pubiens qui deviennent blancs vous plongent dans les affres de la sénilité ? En fait, sous ses airs un peu grivois, elle permet de ne plus culpabiliser dans une société de la compétition où, si tu es une femme seule c’est que forcément tu as raté ta vie.
Elle raconte tout cela avec beaucoup d’humour, parfois très cash, violent même, mais cela fait du bien. Elle raconte les inégalités toujours de mises entre les hommes et les femmes en matière de séduction : pourquoi une femme qui a une vie sexuelle riche est une salope et un homme qui fait de même un don Juan ?
C’est ce ton qui fait la force de son livre, et aussi sa faiblesse, car parfois on peut être lassé par toujours cette ironie, qui cache peut-être quelques regrets ou frustrations. Mais nous vivons tous de ces frustrations, le célibat n’est qu’une nouvelle façon de ne pas être totalement heureux dans un monde qui exige qu’on le soit et qu’on le montre.
C’est surtout la liberté des anecdotes qui permet l’identification, même si finalement tout cela reste très « parisien », très urbain. Mais ce livre fait du bien car on a toutes vécues des histoires similaires, on a toutes des copines qui galèrent avec des hommes mariés, on se reconnaît dans beaucoup de petits travers qu’il faut savoir se pardonner, parce que ce n’est pas facile d’être une femme de nos jours.

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4 commentaires sur “Comment ne pas devenir une fille à chat – L’art d’être célibataire sans sentir la croquette de Nadia Daam

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  1. Aha, je crois que ce livre est pour moi ! Bon ok, je n’ai pas encore trente ans, mais étant quasiment persuadée que je vais rester seule pour le restant de mes jours, ça me consolera. Quant à l’ironie omni-présente, ça reste à voir !

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