Schopenhauer à l’honneur !

Un texte de Schopenhauer au bac de philo série S !!! L’ermite deviendrait-il un philosophe tendance ?? Je ne sais pas s’il faut s’en réjouir… ou bien en pleurer de rire ! je vois d’ici la tête non pas des élèves, mais surtout des correcteurs…

Les sujets de L n’étaient pas folichons : « Une connaissance scientifique du vivant est-elle possible ? » est davantage un sujet de S 🙂 quant au « La perception peut-elle s’éduquer ? » il fallait bien sûr s’engouffrer dans la vision artistique ! Je préfère de loin le sujet de ES « Peut-on désirer sans souffrir ? » j’y voit déjà les affres de la douleur ! le très bâteau « Est-il plus facile de connaître autrui que de se connaître soi-même ? » est en fait le plus difficile à mon avis, puisqu’il faut être capable de définir la connaissance de soi, pas évident surtout quand on a 17 ans ! Mais en fait, les sujets ont été contradictoires, puisque en S ils ont eu droit à « L’art transforme-t-il notre conscience du réel ? », thème plutôt littéraire.

Le texte de Schopenhauer est

« La vie est dans le mouvement » a dit Aristote avec raison : de même que notre vie physique consiste uniquement dans un mouvement incessant et ne persiste que par lui, de même notre vie intérieure, intellectuelle demande une occupation constante, une occupation avec n’importe quoi, par l’action ou par la pensée ; c’est ce que prouve déjà cette manie des gens désœuvrés, et qui ne pensent à rien, de se mettre immédiatement à tambouriner avec leurs doigts ou avec le premier objet venu. C’est que l’agitation est le principe de notre existence ; une inaction complète devient bien vite insupportable, car elle engendre le plus horrible ennui. C’est en réglant cet instinct qu’on peut le satisfaire méthodiquement et avec plus de fruit. L’activité est indispensable au bonheur ; il faut que l’homme agisse, fasse quelque chose si cela lui est possible ou apprenne au moins quelque chose ; ses forces demandent leur emploi, et lui-même ne demande qu’à leur voir produire un résultat quelconque. Sous ce rapport, sa plus grande satisfaction consiste à faire, à confectionner quelque chose, panier ou livre ; mais ce qui donne du bonheur immédiat, c’est de voir jour par jour croître son œuvre sous ses mains et de la voir arriver à sa perfection. Une œuvre d’art, un écrit ou même un simple ouvrage manuel produisent cet effet ; bien entendu, plus la nature du travail est noble, plus la jouissance est élevée. Schopenhauer, Aphorismes sur la sagesse de la vie

Il est précisé que la connaissance de l’auteur n’est pas nécessaire ! Quel dommage… car sinon on passe totalement à côté du cynisme et de l’ironie de ce texte ! Quelle gageure, c’est un peu triste en fait… on voit d’ici les copies savoureuses des élèves studieux appliquant la formule et affirmant vent debout que « oui, il faut agir dans la vie ». Mon dieu ! Qu’Arthur doit bien rigoler dans sa tombe… d’ailleurs il en déjà fait tomber son dentier (voir Maupassant, Auprès d’un mort ). Tout Schopenhauer est dans la dernière phrase du texte : on l’imagine même entrain de ricaner. Et que dire de la comparaison du fruit de l’activité, soit disant indispensable à l’homme : un panier ou un livre, c’est pareil ! Je voudrais bien savoir si ceux qui ont choisit ce texte l’on fait exprès, en connaissant l’énergumène, ou bien leur ignorance de l’auteur est-elle identique que celle des élèves ? De toute façon, c’est savoureux…

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