Traces

Parfois l’existence ne tourne qu’autour de quelques astres limités : un amant aux yeux de feu, un vulgaire bout de bois, quelques notes, quelques gouttes d’amour… Pourquoi alors n’est-on pas capable de Carpe Diem ?

La psychanalyse m’a appris que nous nous attachons aux gens et aux choses, la plupart du temps, pour de mauvaises raisons… ou du moins des raisons qui ne sont pas les nôtres, profondément nôtres. Quand on prend conscience, par exemple, que l’homme que l’on épouse n’est qu’une copie ou au contraire l’exact opposé d’un amour malheureux, ou que son envie de fonder une famille n’est pas un choix libre mais une idée implantée dans nos cerveau par des parents, une famille, des ancêtres, une société qui nient, par essence, notre individualité, on se dit, vraiment, que l’on est pas grand chose dans ce vaste univers ! Alors commence le long parcours des désillusion, la pire étant de se rendre compte que l’on est jamais soi-même. Une grande partie de nos actes, paroles ou pensées présentes ne sont formatées que par ce que nous avons déjà vécu. Certes, une part vient de l’enfance, mais il serait erroné de croire que nous nous accrochons uniquement à ces moments là.

Je viens de comprendre, oh stupeur, que même en étant bien plus consciente de ce que je suis, je continue à produire de tels schémas. Le diable se cache dans les détails : pourquoi suis-je tombée amoureuse de tel homme en particulier ? Qui me rappelle-t-il ? Ou quelle situation suis-je en train de reproduire ou au contraire de vouloir transformer ? Rien de libre dans mes choix… c’est ce que l’on appelle des traces mnésiques. Quand donc serais-je capable, enfin, d’être ce que je deviens ? La lourde chaîne qui enserre le pied de l’Humanité, je la vois, je la sens, alors que bon nombre d’humains se croient libres. C’est la chaîne de notre propre psychè, de nos millions d’ancêtres, qui nous attachent, malgré nous, à ce que nous ne sommes pas… à l’autre, au groupe, à la bestialité domptée.

Parfois il suffit juste de voir l’attache de la chaîne pour qu’elle tombe d’elle-même… mais à chaque fois la déception de soi, de cette naïveté primaire qui est la marque de notre existence finie. Le désespoir existe quand on croit que celle-là fut, aller soyons optimistes, l’une des dernières, à nous pourrir la vie. Mais non… encore une, encore une, encore une. Toujours pas d’horizon dégagé, toujours pas de libre-arbitre individuel, toujours les autres en embuscades et inconscients pour nous dicter les lois d’actions que nous réclamons pourtant comme nôtres. Rien n’est à nous, tout simplement parce que nous ne nous appartenons pas du tout. Nous sommes des fantômes, des mensonges à nous-mêmes : nous sommes des automates certains pourtant de ne plus être des pantins depuis longtemps. Je veux couper tous ces fils qui me retiennent encore, non pas au Créateur, mais à l’humaine condition… celle tragique qui nous a été inventée pour, soi-disant, nous protéger.

In the mornin you go gunnin’ For the man who stole your water And you fire till he is done in But they catch you at the border And the mourners are all singin’ As they drag you by your feet But the hangman isn’t hangin’ And they put you on the street CHORUS: You go back Jack do it again Wheel turnin’ ’round and ’round You go back Jack do it again When you know she’s no high climber Then you find your only friend In a room with your two timer And you’re sure you’re near the end Then you love a little wild one And she brings you only sorrow All the time you know she’s smilin’ You’ll be on your knees tomorrow CHORUS Now you swear and kick and beg us That you’re not a gamblin’ man Then you find you’re back in Vegas With a handle in your hand Your black cards can make you money So you hide them when you’re able In the land of milk and honey You must put them on the table Steely Dan, Do it Again

Steely Dan – Do It Again par manon42

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