Sagesse bouddhiste : mise en pratique !

Je suis coincée chez moi ce lundi matin… après deux jours à souffrir d’un abcès dentaire très mal placé je ne suis pas allée travailler 😉 faire cours sans pouvoir ouvrir la bouche… hmm… pas facile. Alors j’en profite pour faire un petit cours pratique de sagesse bouddhiste.

 

J’ai tellement mal que j’ai fait des mélanges étranges de médicaments et juste là, je suis, comment dire, dans un état étrange. Depuis deux jours je ne rêve que du dentiste et d’une jolie lancette qui pourrait d’un coup rapide et délicat stopper ma douleur ! Rêver du dentiste, faut être folle ! Je viens de téléphoner (sans doute aurais-je dû me rendre directement au cabinet) à 9h, heure d’ouverture, pour m’entendre dire par la secrétaire que « non le docteur n’est pas là le lundi… et qu’elle ne peux pas me donner de rendez vous en urgence chez un autre dentiste du cabinet… que j’aurais dû aller aux urgences ce week-end… et que là, ben faut aller voir le médecin généraliste… et que je prendrais rendez vous plus tard ». Je suis tellement stressée par la douleur que j’ai pratiquement fondu en larmes, lui disant que je devais aller travailler et que j’avais un important rendez-vous oral mercredi… n’ayant au bout du fil qu’un fin de non recevoir je lui ai raccroché au nez et j’ai appelé dans la foulée mon médecin, en pleurs 😉 qui bien sûr me recevra tout à l’heure après ses visites ! Je ne suis pas allée aux urgences hospitalières ce week-end, déjà parce que à l’hôpital public chez moi il n’y a pas d’urgences stomatologiques et que je considère que mon mal, même si franchement c’est une des douleurs les plus intenses qui soit, n’a pas grand chose à faire aux urgences ! et que justement les cabinets de ville sont, du moins c’est ce que je pensais, fait pour ce genre de chose ! Un monde de brutes…

 

Quand la douleur physique frappe, les pratiques bouddhistes de méditation ou la relaxation du yoga peuvent servir. C’est ce que j’ai fait tout ce week-end, tentant de ne pas lutter contre la douleur et surtout de vivre au présent, ne pensant pas à ce qui vient de se passer ce matin. Mais les émotions reprennent très vite le dessus, surtout quand le mental est fragilisé par la fatigue !

 

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Tout cela pour vous faire partager un extrait d’un livre de Jean-Marc Vivenza sur la philosophie bouddhiste du « rien qu’esprit », le Yogacara qui considère que le monde n’est que le produit pur de notre esprit… un idéalisme ferme 1500 ans avant celui des philosophes allemands. Le monde est notre représentation disait Schopenhaueur. Je souscrit de plus en plus à cette assertion. Ce que j’apprécie dans ce livre là, c’est la poésie avec laquelle l’auteur décrit les illusion de notre mental :

 

« Installée dans sa vision d’un monde hostile, ce qui n’est, d’ailleurs, pas totalement faux car monde entièrement peuplé de consciences antagonistes illusionnées, la conscience individuelle gémit et ploie sous le lourd fardeau de l’effroi. Broyée et attaquée par les ombres fantasmatiques de l’esprit, elle cherche à se construire d’infranchissables barrières, elle veut bâtir de dérisoires frontières et élève, pour satisfaire son besoin de sécurité, des murs qui se révèlent très vite friables et parfaitement perméables. Classant, hiérarchisant et distinguant, la conscience agonise dans ses pauvres limitations, elle emporte, dans cette tragique destination, les mondes irréels qu’elle s’est forgée pièce par pièce, élément par élément. Malheureuse et désemparée, seule avec son angoisse, isolée dans son désespoir, elle étouffe et finit par s’éteindre dans des spasmes terribles. Immergée dans ses douleurs, plongée dans ses brumes inquiétantes, la conscience est rattachée, ce qui lui rend si difficilement supportable son état d’être, à la conscience productrice de pensée distincte, à la conscience déductive qui élabore, par son activité intérieure, par sa cogitation, les idées et les concepts. Sans cesse opérante, elle développe constamment une foule d’objets mentaux qui, par le biais des opérations intellectuelles, occupent l’ensemble de l’espace personnel et étendent leur règne sur la prétendue « réalité » que la fausse conscience considère comme étant sienne. Seule la mort, sans nul doute heureusement, vient mettre un terme, pour un temps plus ou moins bref, à cette rage mentale, à l’irrépressible frénésie de la conscience, à cette vertigineuse folie conceptuelle à la source des passions et de l’illusion. Misère de l’homme, faiblesse de son état, prétention, plus que jamais, dans l’examen de la conscience mentale, apparaît et se dévoile le néant de la créature, le tragique de sa situation, son rien existentiel, sa non-substantialité. »

 

Réalité de la douleur physique ou psychique ? L’illusion est produite quand on se fixe, quand on s’attache à la douleur. L’esprit alors ne voit qu’une portion très étroite du monde, il est enfermé dans sa confusion. Toute la difficulté est bien de libérer l’esprit, de l’ouvrir au moment même où la douleur se présente. 

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