Lontano de Grangé

J’aime vraiment cet auteur qui, à côté de Maxime Chattam, représente une littérature policière française très particulière, marquée par la noirceur, la violence, la fascination pour le Mal.

indexGrangé est un auteur qui est reconnu, surtout grâce aux nombreuses adaptation de ses ouvrages au cinéma, et récemment en série télé avec le Passager de France 2. J’avais d’ailleurs bien aimé aussi ce livre qui parle de fuite psychique. La série est pas mal et très fidèle au livre, ce qui s’explique parce que l’auteur est le scénariste ! C’est agréable pour les lecteurs de pouvoir retrouver tous les détails qu’ils ont aimé dans le livre sur un écran, plaisir que l’on n’a que très rarement quand on passe d’un livre à une adaptation ! C’est aussi le format qui veut cela : une série télé permet de dérouler l’action dans toute sa temporalité et de pouvoir prendre son temps pour présenter les personnages et toute l’histoire. C’est sans doute pour cela que les séries ont tant de succès aujourd’hui et que le cinéma a peut-être du souci à se faire dans l’avenir. Le seul petit reproche que je ferais c’est le casting : Jean Hugues Anglade ne correspond pas du tout à l’image que je me faisais du héros… voilà ce que sont que les intérêts économiques d’une chaîne de télé 😉

Lontano fait partie de ces livres qui vous permettent d’avoir plein d’images dans la tête. C’est ce que j’aime dans la lecture : quand l’écrivain est assez doué pour prendre possession de mon imagination et faire éclater dans mon esprit un monde qui est tout autant le sien, celui de ses mots, que le mien, celui de mes images.

Lontano c’est le nom d’une misérable bourgade au fin fond de l’Afrique profonde, celle de la colonisation qui n’est pas vraiment finie, de la lutte pour les richesses de l’Afrique, de l’éternel combat de testostérone entre les Blancs et les Noirs. Ville minière du Zaïre, elle a été le théâtre, dans les années 60, de meurtres rituels particulièrement atroces : des jeunes filles se retrouvaient le corps criblé de clous, mutilées, torturées. Le tueur, l’Homme-clou, a été arrêté après une cavale sanglante par un jeune policier français. Fin de l’histoire ?

Tout l’intérêt du livre vient des personnages : Grangé est très fort pour ses personnages. Là c’est une famille au complet qui est loin d’être dans la norme, les Morvan. Le patriarche est ce flic qui a arrêté le petit blanc qui se prenait pour un chamane aux ordres des esprits en Afrique. Il est devenu l’éminence grise de tous les gouvernements, maître espion, maître chanteur, maître mafieux de ceux qui ont vraiment le pouvoir et font les sales besognes que commandent l’Etat de droit. Il entretien une relation violente avec sa femme mais il est un père poule acharné pour ses trois enfants. Son fils aîné est devenu flic comme lui ; son fils cadet est un trader marié à une italienne aussi belle que Monica Belucci et drogué jusqu’à l’os ; sa fille est une prostituée de luxe qui veut percer dans le cinéma. Derrière ce portrait caricatural se cachent en fait des personnalités torturées que l’auteur peint avec beaucoup de justesse, sans perdre le moins du monde le suspens qui fait tout d’un bon polar. Car l’histoire de l’Homme-clou recommence : des meurtres identiques ont lieu en France 40 ans après l’Afrique, alors que le meurtrier est mort depuis plusieurs années.

On passe vraiment un bon moment avec ce livre, parce que justement l’auteur sait nous mettre en position de recul par rapport à ses personnages. Grangé n’est pas toujours au mieux de sa forme dans ses romans plus récents, mais celui-là, avec le Passager qui était l’un des derniers, vaudra aussi le coup d’une belle adaptation en série !

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