Metallica, Bouddha et le Pakistan

Quoi de commun entre ces trois propositions ? Eh bien moi… en toute simplicité 🙂

J’écoute le nouvel album de Metallica Death Magnetic ! Ô Joie… que les moins de 30 ans et les plus de 50 ans ne peuvent pas connaître… on les avait perdu, un peu, durant les années 90, avec leurs albums plus pop sucrée pour adolescente gothique comme Load… passons sur ces années d’errance, de désert et saluons, louons le Dieu du Hard Rock : ils sont de retour. Tous les fans le disent, la rumeur enfle dans les forums, sur les chats, par SMS : Metallica revient, Viva le Rock, ce que l’Amérique fait de mieux ! Bon, je vois certains au fond qui se disent : « mais qu’est-ce qu’elle raconte là !? Fan de hard… en plus de tout le reste ? » Eh oui : et de plus, le rock et surtout le hard rock est l’une de mes plus anciennes passion, et celle qui perdure dans le temps. Les amours passent, les amitiés s’envolent, les coups de cœur filochent, mais restent toujours avec moi les chansons d’Iron Maiden, Guns n’ Roses, Alice In Chains, etc… les disques sont toujours là, placés bien en haut dans ma tour-CD. Les souvenirs pleuvent quand j’écoute, à fonds bien entendu, dans mon casque Sennheinser, les titres phares de la culture hard : Enter SandMan, Whenever I roam ou l’immortel Nothing else Matters. Rappelez vous le clip de cet air, qui mine de rien faisait l’effet de la balade de hardeux, mais qui finissait avec les visages transfigurés des membres du groupe! Qui n’a jamais été transporté, c’est presque de la mystique, sur les riffs démentiels de Hetfield, les rythmes parfaits de Lars Ulrich ou la basse puissante à vous faire décoller la pulsation cardiaque de Trujillo ? En ce temps là, nous avions tous les cheveux longs, et ils nous servaient à battre la mesure, la tête en bas, dans des séances d' »air guitar » aujourd’hui encensées ! La mode capillaire masculaine était même d’avoir les cheveux très longs avec le crâne, au niveau des tempes, totalement rasé… comme Metallica. J’étais souvent la seule fille dans un groupe de garçons fanatiques, mais j’aimais bien… bref, pour en revenir au nouvel album de Metallica : à écouter d’urgence pour faire un peu plaisir à ses neurones (bien sûr, seuls les adeptes de cette secte comprendront mon Appel).

Quant à Bouddha, qui finalement n’est pas si éloigné que ça de Metallica 🙂 j’étais cet après midi à une conférence débat à l’Unversité bouddhique européenne, où d’ailleurs je me suis inscrite pour suivre une série de cours sur le bouddhisme. Le débat traitait de l’adaptation ou du compromis possible ou non pour le bouddhisme en Occident. Il était mené par Philippe Cornu, éminent spécialiste du monde tibétain, et par Dominique Trotignon que je ne connaissais pas. En fait, je suis arrivée à l’UBE par l’intermédiaire de ma professeur de philosophie, Françoise Bonardel, qui évolue avec grâce (à mon avis) entre tous ces mondes intellectuels qui d’habitude se méprisent ou au moins s’ignorent, entre le monde de la philosophie classique et européenne, l’ésotérisme et la spiritualité au nouveau visage en Occident. L’UBE tente de présenter une vision systématique de tous les courants et lignées bouddhistes, ce qui est appréciable pour une pratiquante comme moi, prise dans les enseignements de sa petite « chapelle », et pas toujours au fait des autres façons de vivre le bouddhisme dans le monde. Les deux conférenciers présentèrent leurs points de vue sur ce que pourrait être le bouddhisme en Occident, en partant d’un point de départ évident : par sa nature même (le non-soi) le bouddhisme s’est partout et de tous temps adapté aux cultures qui l’adoptaient. Mais chez nous, en Europe, comment le bouddhisme peut-il transformer une société individualiste et consumériste à outrance, quand justement il propose une discipline qui aboutit à la compréhension de l’inexistence du Soi et d’un nécessaire détachement de toute chose matérielle. Ce qui m’a fait drôle, c’est quand j’ai balayé d’un regard la salle des auditeurs, et que je me suis dit que je devait être l’une des plus jeune 🙂 le bouddhisme : une nouvelle activité de retraités ! Et d’ailleurs c’est bien cela qu’essaye de chasser l’UBE, pour que cette sagesse ne soit pas un nouveau gadget de pauvres hères en mal de bien-être personnel.

Le Pakistan est toujours au cœur de l’actualité : non seulement avec l’attentat dévastateur du Marriott mais également avec l’article page 3 du Monde sur les crimes d’honneur contre les femmes pakistanaises. Un lecteur m’a d’ailleurs envoyé ce papier, que j’avais lu déjà hier, en y ajoutant dans son mail un commentaire qui m’a fait un peu bondir : il valait mieux pour moi que je sois devenue bouddhiste que d’être restée au Pakistan ! Ce qui est marrant, c’est que justement ce matin, dans mon lit encore chaud, je rêvais du Pakistan, en me disant combien pouvait sembler absurde à ceux qui me connaissent ce lien étrange, vital, charnel qui me lie à ce pays. Il faut un Diable à ce monde de malades, et la plupart des biens pensants d’ici-bas l’on trouvé avec le Pakistan, qui rassemble à leurs avis toutes les incuries d’un monde barbare, tandis qu’eux-mêmes vivraient dans un univers fraternel, libre et sain ! Je m’esclaffe… Mon propos n’est pas ici d’affirmer que ce qui se passe dans le Pays des Purs serait un exemple de liberté et de respects des Etres humains, non, loin de moi cette idée saugrenue puisque manifestement et indubitablement ce pays est en proie à des forces violentes, coutumières archaïques vis-à-vis des femmes et en général rétrogrades et fondamentalistes du point de vue religieux. Mais je ne peux m’empêcher de penser que dans la Grande Démocratie actuelle, celle qui veux nous montrer le Bien (et qui l’impose, même aux Pakistanais, avec des bombes et des soldats), je parle bien sûr des Etats-Unis, il y a de fortes chances que le deuxième personnage le plus important du gouvernement, si John McCain est élu, Sarah Palin, fasse, dès son accession au pouvoir, voter une loi interdisant l’avortement pour toutes les femmes ! Je ne suis pas une adepte assidue du relativisme, mais tout de même : la burqa c’est pas génial, certes… mais interdire l’avortement aux Etats-Unis ce ne serait pas vraiment la panacée non plus pour la condition des femmes dans le monde ! Et pour finir cette discussion discursive je préfère employer un argument d’autorité qui généralement coupe bien vite l’envie à mes auditeurs de répliquer à mes états d’âmes pakistanais : j’ai vécu à Peshawar, j’ai porté le voile dans la rue, j’ai côtoyé des fondamentalistes islamistes, j’ai été marié par un mollah dans les fameuses zones tribales du Nord-Ouest…et pourtant je suis toujours aussi libre, et je l’étais toujours quand j’étais là-bas, j’étais déjà bouddhiste, je le reste… et je retournerais au Pakistan !

P.S. désolé, cher lecteur, pour mon emphase et peut-être mes fautes grammaticales voire d’orthographe, mais j’ai écrit ce texte avec, dans les oreilles, les décibels de Metallica.

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