Fides

La confiance (fides en latin, ce qui a donné le mot foi) est un concept épineux pour beaucoup d’entre nous. Pour ma part cela devient même une gageure lorsqu’il s’agit des rapports humains. Mes multiples expériences amicales ou amoureuses ont mis en échec à maintes reprises mes tentatives d’accorder ma confiance à un autre être humain. Récemment encore, malgré une amitié de plusieurs années, celle ci a été de nouveau bafouée. Alors, appliquant les enseignements philosophiques que je suis, je ne fais plus que traverser la vie des autres, comme eux traversent la mienne. Ne s’accrocher à personne car tout lasse, tout passe, tout casse. Souvent je pense à ce texte de Benjamin Biolay dans la chanson que je préfère de lui, Padam, en particulier les trois derniers vers :

Souvent, je me suis pris pour un autre et j’ai fait des doubles fautes Double sec, double dose, double dame avec les femmes d’un autre Plus souvent qu’à mon tour j’ai bu le sang des vautours J’ai cru les gens qui m’entourent Qui rêvent de bonheur Mais se foutent éperdument du nôtre

Nous sommes tous des égoïsmes… des égoïstes maladifs, nous ne voulons que notre propre bonheur… bien souvent d’ailleurs en faisant notre malheur, mais ceci est une autre histoire. Nous croyons, comme des bêtes, que les rapports humains, ce que l’on nomme l’amitié ou l’amour, doivent absolument faire partie de notre bonheur. Certes. Mais alors comment croire un seul instant que celui ou celle qui partage un moment de ma vie, qui est tout aussi égoïste que moi, pourrait vouloir toujours et en tout lieu seulement mon bonheur alors que son seul instinct est son propre bonheur. Tant que je fais partie de son agréable paysage, que je colle avec son “bonheur”, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais l’égoïste que nous sommes, l’individualité passionnée qui nous pousse à agir refusera de faire le moindre effort quand l’Autre devient un semblant d’obstacle à son bien être. La confiance dans tout cela ? Une denrée bien fragile et vite périmée, qui n’a aucun poids face à la lutte que chacun d’entre nous entretien avec son propre désir.
Alors que faire ? L’indispensable lâché prise il me semble. La confiance il faut se l’appliquer à soi-même, comme la compassion d’ailleurs. Avoir confiance en soi, voilà une phrase d’une banalité totale. Avoir confiance dans la vie, dans ce qu’elle apporte ou retranche. Croire ou plutôt savoir, en union parfaite avec soi-même, que tout ce qui nous arrive, sans jugement de valeur, agréable ou désagréable, tout ce que nous mettons en mouvement, les pièges, les baisers, les trahisons des autres, que tout ce bagage est ce qui peut nous arriver de meilleur. Quand on envisage les choses de ce point de vue, la vie devient plus facile et plus douce. Un exemple, une anecdote : Quand je suis partie il y deux semaine près de Saint Nazaire pour trouver un appartement, j’avais pris beaucoup de rendez vous avec des agents immobiliers pour visiter en trois jours maxi. Je pensais que les choses iraient vite, d’ailleurs le premier appartement que je devais visiter me semblait, sur le papier, tout à fait idéal : quartier tranquille de la ville, pas loin des plages, grand espace et autant de terrasse tout autour dans un immeuble récent ! Je me disais que le premier serait le bon. Quelques jours avant mon départ, l’agence immobilière me téléphona pour annuler cette visite, l’appartement ayant été loué ! Je me suis dit alors que cet appart ne devait pas être pour moi, et quand, durant les trois jours de mon voyage, j’ai visité au contraire des biens dont aucun de me plaisait, j’ai continué à me dire que le bon endroit arriverais avant la fin de mon séjour. Et bingo… je ne sais pas si j’aurais préféré le premier appartement à Saint Nazaire, mais je sais que j’ai trouvé un joli coin et une une bonne affaire financière à Pornichet. J’ai juste fait confiance…

Cela peut sembler naïf, question de foi en somme. Mais si je ne faisais pas confiance, si je me faisais pas confiance, je ne serais pas capable de partir vers une nouvelle vie, seule, comme je l’ai déjà fait auparavant. La psychanalyse nous apprend cette confiance : l’inconscient qui nous gouverne sait ce qu’il y a de mieux pour nous. La plupart des êtres humains le combattent, refusant ses diktats pour de sombres raisons culturelles, morales, des foutaises quoi. A le laisser faire, on gagne au grand jeu de l’existence.

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