Pauvres fous… nous sommes tous des Peer Gynt ?

« L’objet de la psychanalyse est grand et émouvant. Pour la pensée de l’homme moyen, elle vient comme une gifle dans le visage. Vous imaginez que vous pouvez déterminer vos actions par votre propre libre arbitre ? Sûrement pas ! Vos actions conscientes ne sont qu’une goutte à la surface de l’océan des processus inconscients dont vous ne pouvez rien savoir, et de plus vous auriez peur de les connaître. Vous vous enorgueillissez de l » « originalité de votre personne » et de la « largeur de votre esprit » ? Naïf que vous êtes ! En réalité, vous n’êtes que le jouet de vos instincts, qui font de vous ce qu’ils veulent. Naturellement, votre vanité s’en offense. Mais vous étiez tout aussi offensé quand vous avez appris que vous descendiez des singes, et que la Terre sur laquelle vous rampiez n’était pas le centre de l’univers comme vous l’aviez cru autrefois. Vous croyez encore que la Terre est parmi des milliards de planètes la seule qui soit habitée. En somme, vous êtes conditionné par des processus que vous ne contrôlez pas ou même que vous ne connaissez pas, que vous redoutez et que vous interprétez de travers. Il y a une réalité psychique qui s’étend bien au-delà de votre conscience. Votre inconscient est comme la « Ding an sich »  [la chose en soi] de Kant : il ne peut être appréhendé en lui-même, il ne peut être reconnu que dans ses manifestations. Le Peer Gynt d’Ibsen le sent bien lorsqu’il dit :

Je ne suis pas plus avancé. De quelques côté que je me tourne, C’est toujours la même chose. Il est ici ! et là ! et autour de moi ! Je me crois sorti du cercle et j’y suis en plein. Nomme-toi ! Fais-toi voir ! Qui es tu donc ? »

Wilhelm Reich, La fonction de l’orgasme

Nous sommes tous de pauvres fous… des Peer Gynt, cherchant bien au-delà de nos limites humaines la gloire, la fortune, la rédemption. Mais seuls l’orgueil et le désir nous poussent. Malheureusement, pour nos âmes asséchées, il n’y a pas toujours de Solveig pour nous attendre et nous bercer après les lourdes épreuves de la vie.

 

Edvard Grieg : chanson de Solveig (Peer Gynt) par Alaek

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