Player One de Ernest Cline ou la nostalgie des années 80

Si comme moi vous pensez que Ladyhawke, Blade Runner ou Monty Python Sacré Graal sont des films cultes, si vous êtes nés dans les années 70 et avez grandi dans les années 80 (la chance !), si vous avez connu les débuts de l’informatique, que vous avez joué sur des Atari, des Commodore ou des Apple avec des cassettes audio (!), si vous avez connu les dessins animés japonais à la télévision, si vous écoutiez du rock américain dans votre baladeur à cassette Sony… bref, si vous avez connu cette période bénie des années 80 et que vous étiez un tantinet geek ou geekette (même si ce mot n’existait pas encore), alors vous allez adorer ce livre : Player One de Ernest Cline.

Une précision tout de suite : ce livre sera sous peu adapté au cinéma par… Steven Spielberg !

indexL’histoire se passe dans un futur proche, 2044, un monde pas du tout post-apocalyptique mais bien un avenir certain qui nous attend. Les changements climatiques n’ayant pas été combattu, les conséquences sociales, économiques, politiques auxquelles nous nous attendons réellement ce sont réalisées. Les villes sont devenues des zones de combats, la famine est partout, l’énergie coûte très chère, les hommes survivent plus qu’ils ne vivent, on se remémorant avec nostalgie la belle époque des années 2000 où on pouvait vivre confortablement. Pour oublier ce monde de désespoir, une grande partie de l’humanité passe sont temps dans l’OASIS, un jeu en ligne fantastique, qui bien sûr nous fait penser à ces jeux actuels MMORPG (les jeux en ligne massivement multijoueurs). La vie réelle étant tellement horrible, tout le monde préfère se connecter via sa visière et ses gants haptiques pour aller vite vivre une vie d’aventure grâce à son avatar. Ce jeu a été inventé par deux amis, qui rappellent à leur tour Steve Jobs et Steve Wozniak, les inventeurs d’Apple : James Halliday et Og Morrow. Comme pour les deux Steve, ce sont deux personnages qui représentent la culture geek, des garçons renfermés, qui ont passé leurs enfances à jouer à des jeux vidéos, extrêmement intelligents mais qui finissent par se séparer. Avant cela ils fondent une compagnie informatique qui révolutionne la vie des milliards d’humains et ils deviennent milliardaires.

Quand James Halliday meurt, il laisse sa fortune colossale de 250 milliards de dollars à celui ou celle qui résoudra les 3 énigmes et franchira les 3 portails pour trouver l’œuf de Pâques, symbole de cette fortune.

C’est là qu’apparaît le héros du livre, un adolescent qui n’a connu qu’une réalité obscure et un monde virtuel attrayant : Wade Watts vit avec sa tante dans des piles, composées de caravanes et de mobile home montés les uns sur les autres au fur et à mesure que la crise mondiale poussait les gens dans l’extrême pauvreté. Il passe son temps dans l’OASIS à chercher l’oeuf de Halliday, mais bien sûr il n’est pas le seul ! Des clans entiers d’avatars, appelés les chassœufs, s’organisent pour tenter de découvrir les clés qui ouvriront les portails. Mais Wade alias Parzival dans le monde virtuel, joue solitaire. Il va à l’école publique online, car les Etats n’ont plus assez d’argent pour financer des écoles, sur une planète du monde virtuel appelé Ludus. Il se fait quelques amis virtuels et se demande à quoi ils peuvent bien ressembler IRL (In Real Life). L’amour d’ailleurs est-il transposable dans le monde réel ? Face à lui, l’armada des avatars de l’entreprise vampire qui veut contrôler à le fois le monde réel et le monde virtuel : IOI, le fournisseur d’accès à internet, c’est-à-dire le maître pour des milliards d’êtres humains de leur seule raison de vivre. IOI veut mettre la main sur la fortune d’Halliday pour mettre en coupe réglé OASIS, faire payer des abonnements, intégrer des publicités, augmenter les prix de tous les objets, artefacts, pouvoirs, privilèges qui sont à la base des échanges dans l’OASIS. Parzival est pourtant le premier à trouver la première clé, qui ouvre le premier portail, et c’est son nom qui est affiché en haut du Tableau d’affichage des joueurs. C’est alors que la bataille pour le contrôle de l’OASIS est engagé.

Ce que j’ai bien aimé dans ce livre (mais ceci vient en grande partie de mon sérieux fond de geekette) ce sont les multiples références à la culture populaire des années 80, décennies où j’ai moi-même grandi, étant née la même année que James Halliday, le fondateur du monde virtuel. J’ai connu les premiers ordinateurs, mon père nous ayant rapporté, très fier de lui, au début des années 80, un ZX-81, sur lequel j’ai appris à programmer ! Il y avait 1Ko de mémoire !! et mon père, tout aussi fier, avait acheté une barrette géante qui se fixait à l’extérieur, derrière le clavier, de 1 Ko supplémentaire. Ensuite en 1984 il a fait le grand bond et nous a acheté un Apple IIC ! C’était le classe ! Nous avons eu aussi des consoles, et autres ordinateurs de jeux, comme le Commodore 64. Pour autant j’avoue n’avoir jamais été une fan de jeux vidéos… même si à cette époque ils étaient moins définitivement masculins que de nos jours.

Pour en revenir à Player One, il y a d’autres références, musicales mais surtout cinématographiques. Le héros doit se souvenir de répliques complètes de personnages des films préférés du créateur de l’OASIS, comme Monthy Python Sacré Graal, Blade Runner ou War Games ! Franchement, ce sont réellement des films cultes de ma génération, et l’auteur de Player One sait de quoi il parle. Le jeune héros doit connaître ses références sur le bout des doigts pour espérer pouvoir gagner le trophée.

Le livre s’attache peu à décrire le décadence du monde réel et il joue à fond la carte de la nostalgie des années 80. Il est assez proche finalement de ce que l’on peut vivre aujourd’hui en 2015 : un monde qui comment à souffrir des changements climatiques et des entreprises des nouvelles technologies, peut-être un peu folles, qui tentent de créer une nouvelle ère pour une humanité médiocre. Une tension de plus en plus grande en nos vies réelles et nos vies virtuelles. On se rencontre sur Internet, mais peut-on poursuivre l’histoire sans écran. IOI fait penser à Google, comme Halliday et Morrow font penser aux fondateurs d’Apple. Au milieu il n’y a rien, pas d’Etat, pas de citoyens, il n’y a plus rien qu’une planète qui se meurt et des humains qui cherchent dans leurs illusions la possibilité de survivre. On est revenue dans la Caverne !

C’est pour cela qu’il est peut-être difficile d’accrocher à cette fiction pour ceux et celles qui n’y connaîtrait rien en jeux vidéos et pour qui les années 80 seraient une décennies du passé comme une autre. Pour ma part j’ai surtout été prise par les rebondissements de la Quête elle-même, et parfois il est vrai qu’il faut prendre son mal en patience quand l’auteur décrit de façon un peu longuette les raisons de telle ou telle situation. Le scénario est cousu de fil blanc, c’est sans doute pour cela qu’il fera une très bonne adaptation au cinéma. Les héros « gentils » font face aux « méchants » qui le sont beaucoup ! Il n’y a pas trop de cynisme qui pourrait être tiré de la situation globale du monde réel : les héros pourraient être moins « purs » et davantage désespérés…

J’ai pourtant hâte de voir le film, rien que pour voir comment Spielberg va faire référence dans son film de Blade Runner ou de Ladyhawke !

D’ailleurs pour celles et ceux qui ne savent pas ce qu’est Ladyhawke, un film génial de 1985, avec Mathiew Boderick, Rudger Hauer et Michèle Pfieffer, il faut absolument réparer cette atroce ignorance 😉

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