Comment sortir du lot ?

La polémique qui enfle depuis quelques jours autour de l’affaire des « burkini » me fait sourire. Tout d’abord car il est le signe, à mon sens, de l’isolement dans lequel se trouve la France. Au pays de Voltaire, il est impensable et impensé de mettre dans la même phrase les mots liberté et religion ! C’est là l’écueil fondamental qui empêchent beaucoup d’analystes étrangers de comprendre ce qui se passe par ici : après deux siècles de sécularisation, que l’on appelle chez nous laïcité, beaucoup de nos concitoyens ne peuvent pas imaginer que l’on parle de liberté quand on se proclame religieux ou religieuse. La religion est l’asservissement et l’obscurantisme, tout l’opposé de la liberté. Et tous les discours ambiants, qu’ils soient occidentaux, surtout anglo-saxons, salafistes ou autres, ne changeront pas cet état d’esprit et ce fondement de notre « vivre ensemble ». Tant que cette spécificité, qui est unique dans le monde, ne sera pas reconnue tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, les polémiques du genre du « burkini » enflammeront la place publique.

L’autre point qui me paraît crucial dans cette affaire, est que c’est aussi une question sociale. Les porteuses de « burkini » sont à mes yeux comme celles (ce sont souvent des femmes) qui se font tatouer : dans notre société de profonde uniformisation, des corps justement, de la pensée, des émotions, de nos vies tout simplement, il y a comme une volonté (inconsciente) pour beaucoup de survivre, de ne pas se sentir glisser dans le tout informe et uniforme de la masse. Mais nous sommes tous cette masse ! Alors pour s’en démarquer, le plus simple, le plus accessible, c’est de « montrer sa différence » sur son corps, en le couvrant, en le dénudant, en le tatouant, en le perçant. Il faut être autre pour ne pas être le tout Autre et surtout pas le Même ! Alors par quelques détails on tente de se fabriquer une autre vie, un petit quelque chose de plus, de différent, qui nous permettra de ne pas être comme la voisine, comme l’autre là-bas qui est nulle, qui est moche, qui élève mal ses enfants, qui n’est pas normale, qui n’est pas religieuse, qui n’est … pas moi. On est encore est toujours dans la société du spectacle, sauf que là elle touche l’intime.

Il faut à tout prix sortir du lot, même au prix de sa propre conscience, de sa propre liberté, et surtout affirmer haut et fort (car plus on le crie fort et plus on risque d’être entendu) que ce que l’on fait est bien de la « liberté d’expression », puisque le corps est un moyen d’expression. Ce qui me pose problème est que tout ceci n’est en aucune façon une liberté,mais bien comme le dit Spinoza, une passion triste et un conditionnement : ces femmes ne sont que des pierres lancées à toute vitesse et qui pensent qu’elles pensent.

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3 commentaires sur “Comment sortir du lot ?

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  1. Bonjour
    Tu as tout à fait raison, étant styliste modéliste, j’ai appris que les vêtements les couleurs ont un sens, le noir par exp peut exprimer la tristesse, la déprime, un mal être, au contraire les couleurs chaudes comme le rouge l’orange le jaune expriment la joie, la vie, aussi les couleurs froides comme le bleu, le vert, donnent une sensation de calme, les couleurs influencent vraiment sur le moral, sur celui qui les porte mais aussi sur les gens qui les voient ! donc je suis contre le niquab le burquini, je suis pour la liberté la joie de vivre, ici au Maroc on sais que c’est purement politique de porter ce genre de vêtement, femmes et filles sont parfois obligées de porter cette folie, elles tuent ainsi toute joie toute féminité en elles, et sans le savoir elles ouvrent la porte à toute sorte de maladie mentale, haine, extrémisme, qui hélas aboutira aux terrorisme, et cette folie meurtrière qui n’épargne désormais presque aucun pays au monde.
    merci beaucoup pour cet article
    bonne journée
    mona

    Aimé par 1 personne

    1. merci Mona pour ton commentaire. je suis tout à fait d’accord avec toi : j’ai vécu dans un pays musulman, le Pakistan, où les couleurs sont très importantes et changent la vie des femmes au quotidien. Quand je suis revenue en France, j’ai trouvé que l’on ne portait que des choses tristes, monochromes, alors qu’en Asie les couleurs sont vives et chatoyantes et que cela enchante l’existence ! Et j’aimerais aussi surtout que des femmes qui sont obligées de porter le voile, le niquab, la burqa expliquent aux femmes d’ici la chance qu’elles ont de ne pas y être soumises !

      Aimé par 1 personne

      1. tu as raison, je connais des femmes qui ont été obligé de mettre le niqabe, elles sont vraiment déprimées, tristes, elles sentent que quelque chose leurs à été volée, la liberté, la joie de vivre… j’ai vraiment de la chance de porter ce que je veux, grâce à ma famille mon père mon mari et mon pays.
        merci beaucoup Sarah
        bonne soirée

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