Les primaires des partis politiques sont-elles antidémocratiques ?

On parle beaucoup de cela en ce moment. Entre celles des Etats Unis qui ont vu un grand favoris démocrate se faire ravir la place et un hurluberlu « républicain » devenir candidat, et celles de France qui entérine de fait le bi-partisme, on peut se demander si les primaires des grands partis politiques est bien une avancée de la démocratie ?

Plutôt, quand on se dit que c’est un très bon moyen de tenter d’éviter les éternels candidats désignés, chefs de partis, chefs de gouvernement, chefs d’état qui trouvent naturels de se présenter à l’élection présidentielle. Pour ma part, les primaires sont peut-être le signe que la désignation d’un « élu » n’est plus si naturelle que cela, que les citoyens veulent reprendre la main sur la démocratie où la représentativité d’un seul n’est plus aussi essentielle que la participation de tous. Alors, c’est certain, ce modèle n’est pas dans les gènes de la République telle qu’on la vit en France. En tout cas, elle n’est pas dans les gènes de la Ve République que l’on décrit à juste titre davantage comme une monarchie républicaine. C’est peut-être le moment de changer de Constitution…

Par contre, est-ce de la démocratie quand on apprend, au sujet de la primaire de la droite et du centre, que 10% d’électeurs de « gauche » et 10% d’électeurs du Front national vont sans doute y participer, les uns comme les autres avec des arrières pensées stratégiques pour éliminer l’un des deux candidats favoris ? Ne vaudrait-il pas mieux ne pas faire de primaire et laisser tous ces candidats, petits, légitimes, déloyaux, se présenter simplement à l’élection elle-même ? On répondra que le traumatisme de 2002 est dans les mémoires… sauf qu’on s’apprête sans doute à revivre cette même situation ! La démocratie ne serait-elle pas à même de pouvoir laisser le place à tous ceux et celles qui désirent se présenter aux suffrages des citoyens ? Pourquoi devoir choisir en amont ? Ou alors, pourquoi ne pas institutionnaliser ces primaires, offrir un vrai champ de campagne, des élections comme aux Etats Unis, où tous les prétendants pourraient concourir dans un moment politique bien identifié, tous en même temps, autour de partis ou d’organisations politiques ? Pour l’instant, nous sommes entre deux eaux, avec des personnalités politiques qui jouent le jeu et d’autres qui veulent s’en dédouaner, pensant que ce simulacre n’est pas digne de leur haute fonction. Mais comme le pointent certains analystes, le futur locataire de l’Elysée en mai prochain ne représentera que 20% des citoyens : un premier tour avec le premier tour aurait peut-être le mérite de donner un peu plus de légitimité à ces gladiateurs.

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