Comment se prendre la tête un dimanche soir…

En écoutant le nouvel album Velociraptor (génial) de Kasabian… je relis la Métaphysique d’Aristote ! Bon… chacun ses petits plaisirs inavoués. Ce livre est la base de la philosophie occidentale et j’aime beaucoup la pensée d’Aristote, surtout depuis que je nage avec délectation entre les lignes de la philosophie bouddhiste. Vous ne comprenez rien à ce que je raconte ? Je vais essayer de faire pédagogique et court : Aristote, dans la Métaphysique, est celui qui a affirmé le principe de non-contradiction qui, depuis, nous empoisonne sérieusement la vie. Qu’est-ce ? C’est tout simplement le principe que si A est, non-A ne peut pas être… l’être et le non-être ne peuvent exister dans le même objet… si l’Etre est, alors le non-Etre ne peut pas être… vous ne suivez toujours pas ? Ahaha… c’est de la logique, de l’ontologie… toute notre civilisation malade est basée sur ce principe ! C’est bien ce qui nous fout dans la merde ! Comment ça ? Comment un pauvre principe philosophique peut nous mettre aussi bas ?

La philosophie, depuis Aristote, reprise et bien moulée ensuite par le christianisme, est la recherche de l’Un et de l’Etre… c’est le sujet de la Métaphysique. Si l’Un et l’Etre sont, ils sont la substance des objets de l’univers. Déjà, cette affirmation sens le souffre… on part du principe, pas du tout, mais alors pas du tout remis en question, qu’il existe une substance, un substrat… une chose en soi… un truc intangible et éternel au fond de toutes choses, corps, corpuscules, énergies, qui composent cet univers… serait-ce le fameux Boson de Higgs ? Dès que l’on affirme cela, on est alors obligé d’imposer à la pensée le principe de non-contradiction : le non-Etre ne peut pas être, bordel ! Sinon, ça fout tout en l’air…

Un petit exemple ? « Si non-A est dit de A, non-B sera dit a fortiori de A. Si donc, A est B, il est aussi non-B, et, s’il n’est pas B, il doit être plus non-B que non-A. Puisque alors A est non-A, il est a fortiori non-B, et, par conséquent, il est B. »

Vous n’avez rien compris ? Normal… devenez bouddhiste… pas de substance… donc A peut être B et non-B, et non-A…  Si c’est pas la meilleure façon de faire du prosélytisme, ça, je veux bien mettre ma tête à couper (petit clin d’œil au 30 ans de l’abolition de la peine de mort… quel homme ce Robert tout de même).

Ce qui est marrant chez ce sacré Aristote, c’est qu’il est en quête de l’Un (le sujet de sa philosophie première, c’est-à-dire de la Métaphysique), mais il ne peut supporter que si A et non-A existent ensemble alors, oui c’est vrai, rien n’existe réellement et tout est unifié : « Mais si, tout ce qu’on nie, on peut l’affirmer également, il arrive nécessairement ou bien qu’on énonce chaque prédicat comme vrai séparément, par exemple, je dis que ceci est blanc, puis, à l’inverse, que ceci n’est pas blanc ; ou bien qu’on n’énonce pas chaque prédicat comme vrai séparément. Mais si on n’énonce pas chaque prédicat comme vrai séparément, notre adversaire [celui, le fou donc, qui ose supposer que le non-Etre existe] ne dit pas ce qu’il prétend dire, et, en définitive, il n’existe absolument rien. Or comment des non-êtres parleraient-ils ou se promèneraient-ils ? En outre, toutes choses n’en feraient qu’une, comme il a été indiqué plus haut, et il y aurait identité entre un homme, un dieu et une trirème, et leurs contradictoires. Si, en effet, les contradictoires peuvent être indifféremment affirmées de chaque sujet, un être ne différera en rien d’un autre être, car, s’ils différaient, cette différence serait quelque chose de vrai et de particulier. » La Métaphysique, livre gamma, 4, 20-29

Quand on cherche l’Un… c’est ballot tout de même, non 😉 Ah mais non, vous répondrait le Stagirite : on ne mélange pas les torchons et les serviettes ! On veut bien de l’Un mais pas de l’Unifié ; on veut bien de l’Union mais pas du métissage. Identité je vous dis… « montrez moi vos papiers », en fait c’est de cela dont il s’agit : le non-être est l’immigré de la philosophie, le sans-papier de la sagesse. Le contradictoire ne saurait exister à côté du « blanc » étant, ça casse l’esthétisme et la logique, pardieu.

C’est exactement cela que dit le bouddhisme… c’est exactement là que se séparent l’Orient et l’Occident… tout est là, rien n’est là, tout est même et identique et tout est accident. Quelques koân zen… « Lorsqu’il n’y a plus rien à faire, que faites vous ? »

« J’éteins la lumière, où va t-elle ? »

« L’heure me regarde et je regarde l’heure. »

Et là vous vous dites… « sacré nom, elle délire »… et bien oui… vous voyez ce que peut faire la lecture enthousiaste des philosophes morts ! C’est beaucoup mieux que toutes les drogues, mais chut, n’en parlez pas, c’est un secret bien gardé… ça s’appelle la Sagesse et pourtant c’est en vente libre.

Kasabian… Days are Forgotten… le TUBE de cet automne !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :