La Ferme du Bout du Monde – Sarah Vaughan

Une ferme. Une vieille bâtisse des temps anciens qui regarde passer les humains et les animaux, l’océan en contrebas et les champs fleuris et fertiles. La ferme de Skylark est la vraie héroïne de cette saga, qui raconte, entre 1944 et 2014 l’histoire de femmes soumises aux aléas de l’amour. Il n’y a là rien d’exotique, à part peut-être la Cornouailles, ce bout du monde, ce bout de terre, ce bout d’île qui fait face à l’Atlantique.

Synopsis

Cornouailles, une ferme isolée au sommet d’une falaise. Battus par les vents de la lande et les embruns, ses murs abritent depuis trois générations une famille… et ses secrets.1939. Will et Alice trouvent refuge auprès de Maggie, la fille du fermier. Ils vivent une enfance protégée des ravages de la guerre. Jusqu’à cet été 1943 qui bouleverse leur destin. Été 2014. La jeune Lucy, trompée par son mari, rejoint la ferme de sa grand-mère Maggie. Mais rien ne l’a préparée à ce qu’elle y découvrira. Deux étés, séparés par un drame inavouable. Peut-on tout réparer soixante-dix ans plus tard ? Après le succès de La Meilleure d’entre nous, Sarah Vaughan revient avec un roman vibrant. Destinées prises dans les tourments de la Seconde Guerre mondiale, enfant disparu, paysages envoûtants de la Cornouailles, La Ferme du bout du monde a tout pour séduire les lecteurs de L’Île des oubliés, d’Une vie entre deux océans et de La Mémoire des embruns.
Parution le 5 avril 2017
Ma Chronique

Ce qui m’a frappé dans La Ferme du Bout du Monde de Sarah Vaughan, que j’ai lu grâce à un partenariat avec les éditions Préludes sur le site NetGalley, c’est avant tout la simplicité du thème et en fait la simplicité de l’histoire. Une histoire de femmes qui traversent finalement les mêmes affres à travers les âges, une histoire à laquelle on peut très facilement s’identifier. Cela a été mon cas, car au-delà du « secret de famille » qui est le cœur du roman et qui n’a rien de très original, ce sont ces vies de femmes durant les années 40, soumises à des règles sociales étroites, et des années 2010, plus libres mais pas forcément plus à l’aise dans leurs existence, qui m’ont interpellées. Quelle différence entre le désir et l’amour ? Peut-on oublier un amour qui n’a pas été vécu et surtout comment ne pas l’idéaliser à cause de cette absence de résolution ? Ce sont les questions qui traversent le roman et qui sont, pour ma part, toujours à mon esprit aussi.

Je n’ai pas lu les autres romans de l’auteure et le fameux La Mémoire des embruns de Karen Viggers est encore dans ma PAL, mais il y a bien un « style » de fictions autour de ces personnages féminins, âgés et qui reviennent sur leurs vies passées, leurs secrets, pour réparer aussi pardonner et être pardonnés. J’avoue que ces thèmes ne sont pas forcément ma « tasse de thé » car je sais par expérience déjà ce que le passé peut avoir de lourd et de funeste et l’urgence qu’il y a, à tous moments de sa vie, de rester bienveillante face à ses regrets, ses actes manqués, les ratés qui peuvent nous empêcher d’avancer.

Tout autant que les tribulations des humains, le livre est aussi un voyage dans les landes, les falaises, l’océan et le ciel changeant de ce paysage de Cornouailles. Cela fait penser furieusement à la Bretagne, les maisons de granit, la puissance marine qui pèse sur les esprits. C’est aussi une ode au travail des champs, à l’agriculture, même si on ne pense pas à la Grande Bretagne comme un pays agricole.

Les points négatifs de ce roman c’est le style de l’écriture qui, au moins au début, j’ai eu du mal à appréhender, car trop factice et trop simpliste. De même, le « secret » et le dénouement sont d’une banalité convenue. Pourtant j’ai apprécié cette lecture par la déroutante évidence de cette histoire et l’attachement que l’on porte aux personnages féminins. Maggie, à la fois jeune fille débordante de vie durant l’été 44 et vieille dame au seuil de la mort en 2014 ; Lucy sa petite fille, prise entre Londres et la Cornouailles, son mari et son métier d’infirmière ; Evelyn, la mère de Maggie, femme autoritaire et austère, sévère et presque sans cœur, que l’on sent avant tout jalouse du bel amour de Maggie, un premier amour qui lui a été volé à elle aussi. Elle m’a fait penser à ces femmes âgées, ces grands-mères et ces mères qui veulent absolument que leurs filles soient excisées dans certains pays africains, non pas tant parce que c’est la coutume mais surtout parce qu’elles ne sauraient accepter que d’autres ne subissent pas le même sort cruel qu’elles ont enduré. En effet, ce sont souvent les femmes elles-mêmes qui perpétuent les pires sévices et les pires humiliations auxquels sont soumises les femmes d’aujourd’hui comme d’hier. Enfin, la figure d’Alice, adolescente gauche, qui tente après 70 ans de réparer l’erreur qu’elle a commise, ou du moins qu’elle a été forcée de commettre durant la Guerre.
Les personnages masculins sont plus évanescents et bien plus fragiles que les femmes : entre les suicides et les morts stupides, les infidèles, les obsédés sexuels ou les pauvres hères écrasés par le poids de leurs mères ou de leurs épouses, ils n’ont pas le beau rôle dans ce récit écrit par une femme ! C’est peut-être ces caricatures, autant dans la forme que dans le fond, qui peuvent au final rendre difficile la lecture, mais qui sont également la source de l’attachement voire de l’identification à cette fiction qui possède beaucoup de réalisme.

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