Bretagne

Bretagne. Voilà un mot bien étrange dans un ABCdéraire philosophique. Mais l’intérêt de l’exercice se trouve aussi dans le choix de mots imprévus, qui n’ont pas une « tête philosophique » et de voir où cela nous mène.

La Bretagne, déjà, c’est l’Exotisme. Et bien si. Quand on n’est pas breton, venir vivre sur ces terres de landes et de mers, c’est un voyage en soi. C’est aller ailleurs, ailleurs que le continent, ailleurs que toujours les mêmes villes, ailleurs surtout que ce toujours même ciel gris (quand on vient et vit dans la partie nord de ce pays-ci).
L’exotisme c’est aussi le Vent, celui qui souffle et qui fait pencher les fleurs et les arbres de mon jardin dans le même sens. Le Vent qui ne brise jamais les ramures, car en Bretagne tout est bien ancré dans la terre.
L’exotisme c’est aussi l’Eau, douce des fleuves, car en Bretagne il n’y a que des fleuves, puisque tout va à l’Océan. L’eau aussi salée de l’Océan donc, celui qui nous relie au Nouveau Monde.
Vent et Eau, c’est avant tout cela ce pays-ci et parfois on reçoit les deux en même temps, dans la figure, et là on sait qu’on est bien arrivé.
L’exotisme ce sont ces plantes, celle de l’humide, qui ne poussent que par ici : les genêts jaunes dont les petites fleurs crient sur les bords des routes ; les agapanthes qui en été pointent blanches ou bleues leurs belles silhouettes ; les cinéraires argentées qui bruissent et buissonnent.

La Bretagne c’est aussi l’Ultime Frontière… un espace au bout de l’Ancien Monde, le finistère de l’Europe, l’occident définitif. La frontière est la langue, même si elle n’est que très peu parlée et comprise. Mais la langue est vécue comme le limes d’une culture qui n’a fait que se défendre depuis des générations et qui depuis peu se réinstalle dans les vies des habitants. Par contre, cette langue et cette culture sont aussi, parfois, excluantes. On peu comprendre que ce mouvement de repli sur soi soit en Bretagne la manifestation d’un effet boomerang dû à des siècles de domination. Toutefois c’est ici un mouvement profondément binaire : dedans-dehors ; nous-les autres ; Bretagne-France ; terre-mer.

Enfin la Bretagne c’est le mouvement. La Bretagne est héraclitéenne ! Le mouvement de l’océan pour commencer. Ce va-et-vient constant et bruyant des vagues que rien jamais n’arrêtent. Le mouvement est cyclique et éternel.
Mais c’est surtout le mouvement dans le ciel qui frappe le plus. Sortir de la pesanteur des lourds ciels gris et plombés du Nord et voir passer chaque jour, au-dessus de sa tête, les ciels changeants poussés par la marée du vent. Rien jamais n’est le même. Le ciel gris du matin se transforme en pommelé puis en azur. Rien ne reste, rien n’est figé. Le ciel est l’autoroute des nuages qui se forment et vont heureusement pleurer plus loin là bas dans les terres !

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2 commentaires sur “Bretagne

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