L’exposition Trésors de Dunhuang au musée Guimet

Au musée Guimet , place d’Iéna à Paris, se tient jusqu’au 28 février prochain une exposition au sein des collections permanentes. Il s’agit de présenter les trésors des grottes chinoises de Dunhuang, découvertes il y a juste 100 ans, en 1908 par un archéologue français Paul Selliot. Ces grottes, qui ne sont pas sans rappeler les grottes de « Bactriane », c’est-à-dire d’Afghanistan, autour de Bamiyan, se trouvaient sur la route de la soie, qui passant par Bactres et Begram traversait les cols de cet Hindu Kush que j’aime tant et passant dans le Xijiang par Kashgar, frôlait le sud du désert du Taklamakand pour ensuite s’enfoncer dans la Chine séculaire. Les objets n’ont rien de spectaculaire ni de nouveau puisqu’ils font partie des collections permanentes, ce qui produit d’ailleurs un parcours complexe et peu logique dans les salles du musée : le visiteur doit bien suivre les indications, mais il faut faire marcher son cerveau rien que pour suivre l’exposition. Les objets sont indiqués, au milieu des vitrines, par une petite pancarte blanche et par intermittence de grands panneaux expliquent le contexte historique. Mais finalement, le mélange de l’exposition plus si temporaire avec le reste des objets a un avantage : on peut se perdre dans le reste des collections, et découvrir d’autres éléments de l’art bouddhiste. J’ai ainsi admiré (pour la première fois je dois avouer) le peu d’objets du musée parisien sur l’art du Gandhara , première forme iconographique bouddhiste.

L’exposition est d’ailleurs consacré au bouddhisme et aux différentes formes de représentation du Bouddha et des bodhisattva. Au début de l’expo (qui correspond aux débuts chronologiques, c’est-à-dire Ve siècle a-p J. C.) les statues sentent leur influence hellénistique, mais déjà la pointe chinoise est présente, par exemple dans les petits bedons fort harmonieux des bodhisattva, inconnus dans la statuaire du Gandhara où les plissés grecs et les visages fins sont la normes. Mais encore dans la Chine de la route de la soie ces visages aux sourires délicats et aux traits très fins, accompagnés d’yeux plissés 🙂 sont pourtant bien présents. Certains bouddha ont des couronnes de lauriers, des boucles très occidentales, des petites moustaches plutôt Gandhara. Il faut être un peu familier du bouddhisme pour comprendre l’importance du bodhisattva de la compassion, Avalokitesvara, appelé dans le monde tibétain Tchérenzi et dont le Dalaï-Lama est l’une des manifestation : le bouddhisme chinois, implanté dans l’Empire à l’époque de l’ère chrétienne, s’est adapté à un monde totalement étranger au sous-continent indien où il était né. Les Chinois ont traduit et commenté le canon bouddhique, à partir du Petit (Hina) et du Grand (Maya) Véhicule (Yana).

L’exposition du musée Guimet vaut le déplacement, rien que pour avoir le plaisir de déambuler au milieu des collections et donc de se faire plaisir !

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